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  • Marie-Claude Molnar

Il était une fois, une petite fille qui rêvait des Jeux Olympiques...

C'est le début connu des histoires d'athlètes Olympiques et aussi Paralympiques. C'est aussi le début de mon histoire. Le sport fait partie de mon ADN; à l'école primaire, j'ai participé à tous les sports possibles et c'est là que j'ai fait mes débuts en compétition. On nous a toujours appris que "le plus important, c'est de participer". Jusqu'à un certain point, car un moment donné il en faut plus.


Comme la plupart des jeunes au primaire, j'avais un surnom, "Manon Rhéaume". Pourquoi? J'ai toujours été une mordue de hockey! Je rêvais d'arrêter toutes les rondelles dans le match décisif pour la médaille d'or aux Jeux, ou parfois je me prenais pour Wayne Gretzky qui comptait des buts à n'en plus finir.


J'aimais aussi beaucoup le vélo. Toutes les semaines, je faisais au moins une sortie d'une cinquantaine de kilomètres avec mes parents, à 10 ans. En vieillissant, la distance a augmenté. Jusqu'au 12 juillet 2005. Le soleil était radieux, presque pas de vent. Je me suis lancé le défi de faire 100km dans la journée. En chemin, l'idée m'est venue de voir si je pouvais me rendre jusqu'à la frontière du pays voisin, les États-Unis. Je suis parvenue jusqu'à la frontière, mais le retour a été coupé court par un automobiliste qui m'a percuté à 100kmh avec son véhicule.


Au réveil, j'étais à l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal et je venais de passer 8 heures en salle d'opération. Traumatisme crânien léger, double amputation partielle des bras et une vingtaine de fractures à la jambe gauche. Au moins, j'étais encore là. L'hopital, j'y suis restée environ 2 ou 3 semaines. Je suis passée de 120lbs avec des muscles à 95lbs avec un paquet d'os. C'est remonté assez rapidement lorsque j'ai fait mon entrée à l'Institut de Réadaptation de Montréal et que j'ai recommencé à manger des biscuits. Ça aide les pensées positives!


Les thérapeutes avec qui j'ai travaillé m'imposait des limites car je n'avais qu'une idée en tête et c'était de remonter le plus rapidement possible sur le vélo, ce que j'ai fait 1 mois après l'accident. Sur un vélo stationnaire. Le 1er septembre, jour de l'anniversaire de ma mère, a été ma première sortie sur la route. J'étais avec mon père.


Je ne connaissais rien du sport paralympique, jusqu'en 2008, l'année des Jeux de Pékin. Ça n'a pas été long que je venais de trouver un objectif de taille; faire de la compétition cycliste. Est-ce que je serais capable? J'ai toujours dit qu'il n'y a qu'un seul moyen de le savoir: ESSAYER! Après avec discuté avec Louis Barbeau de la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes, je rencontre mon nouvel entraîneur, Éric Van Den Eynde. On fait un premier test pour voir quelles sont mes valeurs athlétiques. Ce sont des chiffres honnêtes. Je ne provient pas d'un milieu athlétique et je n'avais jamais été une athlète de haut niveau. Ma première course a lieu le 1er mai 2009, je termine 3ième. C'est assez pour me valoir une invitation pour un camp de l'équipe nationale, qui se prépare pour les championnats du monde UCI de paracyclisme sur route. Quoi? Championnats du monde? UCI? Dans ma tête, l'UCI c'est le Tour de France.




J'ai commencé avec ces courses et de bons résultats, sans douter de tout ce qui allait suivre durant les 10 prochaines années: record du monde lors des Jeux Parapan Américains de Guadalajara en 2011 en plus d'une médaille d'argent à la course sur route, championne de la coupe du monde en 2012, mes premiers Jeux Paralympiques, ceux de Londres en 2012 avec une médaille de bronze au contre-la-montre individuel, plusieurs podiums et victoires en coupe du monde et championnat du monde, participation aux Jeux Parapan Américains à Toronto en 2015, mes deuxièmes Jeux Paralympiques, Rio en 2016, triple médaillée d'argent lors des mondiaux de piste en 2017, une belle médaille d'argent lors des Jeux Parapan Américains de Lima en septembre 2019 à la poursuite individuelle sur la piste, une superbe performance à la poursuite individuelle sur la piste lors des mondiaux de Milton en janvier 2020 où j'ai ENFIN parcouru le 3KM en moins de 4 minutes puis finalement, un double titre de championne du monde lors des mondiaux UCI de paracyclisme sur route au Portugal en juin 2021.





Maintenant que les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 sont à notre porte et que les sélections sont annoncées, je suis fière de tout le chemin qui a été parcouru pour me rendre jusqu'ici et malgré tout je serai la première à encourager mes coéquipiers et coéquipières qui prendront la route vers Tokyo pour leur première expérience de Jeux, pour certains et certaines. De mon côté, je reste prête à entrée dans la mêlée si on doit faire appel à moi, dans la meilleure forme de ma vie, supportée par mon entraîneur, la personne avec qui je partage mon quotidien, ma famille et mes amis(es). Pour une fille passionnée de hockey, je me dis qu'il est déjà arrivé à Carey Price de devoir rester sur le banc pour faire jouer Jake Allen, qui a toujours été prêt à jouer, tel un athlète professionnel.


Objectif 2022: Championnats du monde UCI de paracyclisme sur route, à Baie-Comeau, au Québec, à la maison!


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